mercredi 25 mai 2011

Orient et Occident

Samedi dernier, un comité d’accueil pour le moins hostile à la transcendance s’était invité devant le Fleurte Café de Rennes, afin de signifier son mécontentement face à la tenue d’une « réunion d’extrême-droite ». Aucun de ces cinquante bulots n’avait la moindre idée de la teneur de l’événement en question, bien sûr : il s’agissait tout bonnement d’un spectacle de lectures de Parousia, suivi d’une conférence sur l’ésotérisme révolutionnaire. Le front un peu lourd, le regard fuyant et buté, l’écharpe noire de traviole, les épaules graisseuses et les mains fébriles, tous ces gens se ressemblent un peu aux entournures : instinctivement grégaires, ils sont présents pour faire face à « l’extrême-droite contemporaine » ; ils ne savent pas vraiment de quoi ressort le spectacle contre lequel ils se battent, mais en revanche, ils savent très bien qu’il ne faut pas le laisser passer. Lorsqu’on leur pose la question, ils vous lâchent en vous regardant de côté : « c’est pas la peine de me parler, je sais qui vous êtes ». Ils ne sont pas véritablement haineux, même s’ils empêchent délibérément les assoiffés de métaphysique d’entrer dans le café, et s’ils donnent des gifles retentissantes à des passants qui ont le culot de refuser leur tract intitulé « Antifascisme – Guides Pratiques, n°1 : qui est vraiment Alain Soral ? ». Je serais presque heureux de trouver que ce tract ressemble à une fiche bricolage du Professeur Choron, mais l’absence radicale de tout humour profond teinte l’ensemble d’une bêtise noire et visqueuse à faire bailler un ornithorynque. Ces « antifascistes » sont assez bêtes et un peu méchants, ni plus ni moins. Ce qui est intéressant, c’est d’observer leur réaction face à des êtres humains authentiques, c’est-à-dire des gens normaux qui commencent un peu à s’énerver quand on les emmerde pendant plus d’une heure en braillant comme des truies devant leur bar. Pour ma part, j’étais trop occupé par la mise en place technique des lectures et de la conférence (330 diapositives à synchroniser avec des sons, des musiques et des vidéos) pour me livrer pleinement aux échauffourées verbales. Je me suis tout de même agacé à un moment donné, quand un des gueulards en vint à me traiter « d’intellectuel parisien ». Merde alors ! Moi, un physicien marseillais ! Que l’on m’insulte de fasciste, je veux bien, mais d’intello parisien, ça jamais ! La tension grimpa alors jusqu’au plafond. Une demi-heure plus tard : tout rentra dans l’ordre et la justice. Une très sainte alliance de Sri-Lankais, d’Arabes musulmans, d’Hindous et de chrétiens johanniques vainquit le ramassis de Blancs athées et libertaires, au cours d’une bataille qui fut aussi courte que décisive. Ce fut, en somme, une excellente initiation aux thèses développées durant ma conférence : c’est l’union des spiritualités qui permettra de renverser l’Empire du Non-Etre. Orient contre Occident : la réalité physique et concrète de ce combat inaugurateur de l’Ere du Verseau commence à prendre chair dans les rues de notre pays. Les analyses de René Guénon se glissent aujourd’hui dans nos veines brûlantes de radicalité métapolitique. Je suis fier de combattre aux côtés d’Egalité & Réconciliation et du Parti Antisioniste, ces deux auberges gauloises où Don Quichotte accepterait volontiers de s’établir pour quelques nuits.

La France, c’est le pays illégitime : celui des bobos du centre-ville (cette Ile-de-France délocalisée), ceux qui veulent annuler votre réunion pour votre bien, ceux qui savent à votre place ce qui est bien pour vous et ce qui ne l’est pas, ceux qui courent se réfugier dans les bras des forces de l’ordre (qu’ils ne haïssent que tant qu’ils n’en ont pas besoin) en cas de défaite, ceux qui ont renversé la Tradition pour le bonheur des bourgeois, des banquiers et des journalistes, pour l’établissement du règne de la quantité.

La Gaule, c’est le pays réel : celui des mystiques au corps de pierre, ceux qui s’épaulent dans l’adversité au nom de Dieu, ceux qui placent leur instinct de la hiérarchie au service de la révolution intégrale, ceux qui enrichissent leur vision intérieure pour faire à nouveau émerger le principe de qualité dans les relations entre les êtres humains. Ceux qui savent qu’au final, c’est l’autorité spirituelle qui aura le dernier mot.

jeudi 19 mai 2011

PAROUSIA à Rennes le 21 Mai

POUR UN TRADITIONALISME FUTURISTE !




lundi 9 mai 2011

Le visage d'Oussama Ben Laden





Ca s’est passé la semaine dernière, et pourtant j’ai encore du mal à m’en remettre.

Je ne connais qu’une méthode pour reprendre ses esprits : contempler longuement le splendide portrait d’Oussama Ben Laden peint par Laurent Pellecuer. J’avais décrit ainsi ce tableau dans la revue Tsimtsoûm en novembre 2005, au cours d’un texte consacré au meilleur peintre vivant : « Déployé sous un large turban blanc emplâtré de sombres rayures circulaires, le visage du guerrier expose une ardente méditation bichromatique agressivement effilée en une barbe roide et menue. Trois plaques de couleurs aussi dentelées qu’une mer d’automne d’Emil Nolde délimitent l’inaccessible château de haine ». Ah !, 2005… C’était un temps où il était encore permis de respecter Monsieur Ben Laden sans se faire chier dessus par les planqués du web… C’était une époque où seul Jean-Marie Colombani se permettait d’écrire des choses pareilles : « la stratégie terroriste n’a pas d’objectif politique hormis d’empêcher la démocratie de se développer dans la sphère musulmane, qu’il frappe sans précision dans le but de faire le plus de morts possible, et que la haine est son seul programme ». Colombani avait même alors écrit que Ben Laden faisait le jeu des Américains ! Aujourd’hui, ce sont les rebelles internautes qui lâchent ce genre de saloperies. Ils s’expriment comme le Monde en 2004... Les futurs sociologues se régaleront lorsqu’ils analyseront cette évolution de notre société…

Les mêmes personnes écrivent à propos de Ben Laden (tout à la fois) : il n’existe pas, c’est un faux musulman, c’est un mauvais terroriste (on ne tue pas des pères de famille madrilènes, voyons !), il est mort depuis longtemps, il est encore vivant, il est à la solde intégrale de l’Arabie Saoudite, sa barbe est postiche et c’est un faux gaucher. Ceux qui me font particulièrement mal aux seins, ce sont ces musulmans qui critiquent Al-Qaïda et Ben Laden sous le prétexte qu’il ne faut pas accréditer le conflit des civilisations, et qui en même temps, remplissent leurs sites ou blogs de textes et de vidéos montrant que l’islam est supérieur au christianisme, que les musulmans sont des chrétiens qui ont réussi, etc. Après s’être farcis Voltaire, Renan et Gérard Mordillat, les catholiques doivent aujourd’hui se taper les arguties néo-historicistes de musulmans de mauvaise Foi ! A part ça, ils sont contre le conflit de civilisations, les mecs, parce que celui-ci leur est imposé par Ben Laden, cet agent du Mossad et de la CIA ! Moi, je suis intégralement pour le conflit des civilisations : l’Occident doit crever comme une vieille baudruche luciférienne, et je clame qu’il n’y a qu’un moyen d’y parvenir : l’alliance entre les religions de la Tradition !

Je l’ai déjà écrit, mais je me répète : lorsque l’Occident veut frapper un grand coup, il transmet toujours les informations sur deux plans simultanés : celui du premier degré (pour les médias de masse) et celui du second degré (à destination des médias « alternatifs » et des réseaux internet), le deuxième faisant semblant de contredire le premier pour mieux prendre tout le monde dans le même étau, et faire croire à tout un chacun – de manière appropriée à son niveau de lecture – ce message fondamental de notre époque : les Américains sont les plus forts. C’est une idée totalement fausse, mais elle est entièrement partagée par ceux qui l’applaudissent (démocrates parlementaires, journalistes, banquiers) et par ceux qui la déplorent (nationaux-républicains, militants alter-mondialistes, méta-complotistes positivistes).

A la nouvelle de l’assassinat de Ben Laden, ceux qui ont eu comme première réaction de se précipiter sur Facebook pour prouver que la photo de son cadavre était fausse, sont des cons et des nuisibles, de parfaits idiots inutiles. Il n’y avait vraiment rien d’autre à dire, à cet instant-là ? S’ils n’ont pas encore compris que cette photo leur était spécifiquement destinée - pour qu’ils jouissent de se sentir intelligents, je ne peux vraiment rien faire pour eux. Le soir même, par ailleurs, la démonstration du truquage photographique était déjà donnée chez Laurence Ferrari (tandis qu’elle insistait elle-même sur les absences de preuves de l’assassinat…). C’est pas grave, ils en ont vu d’autres, ils sont déjà passés à autre chose : Ben Laden a quitté sa cachette bien avant l’arrivée des troupes US, il est mort en décembre 2001, il n’a jamais vécu à Abbottabad, que sais-je encore… Tout un tas de rumeurs autant débiles qu’inutiles, qui ne servent qu’à faire les malins, et à parler de tout sauf du cœur de l’affaire.

Ce lundi 2 mai, au JT de TF1, étaient réunis tout un tas d’agents du système (François Heisbourg, Jean-Louis Bruguière), qu’il fallait très précieusement écouter, parce que ce sont eux qui explicitaient le véritable intérêt de cette opération. C’est le journaliste Denis Brunetti qui en a exprimé la meilleure synthèse : « Au Maroc, on espère que la fin de Ben Laden marquera la fin d’une époque. Avant, Ben Laden était le symbole de la résistance, il représentait la dignité de l’Arabe. Aujourd’hui, cette dignité, c’est le printemps des peuples ». Vous avez bien compris ? L’Islam, c’est fini : voilà le message de l’Occident. Ben Laden était un leurre ? Et bien, prenez-vous la vérité en pleine face, maintenant : C’EST LA DEMOCRATIE OCCIDENTALE QUI VA S’EMPARER DE LA TOTALITE DES PAYS ARABES.

Quelques heures plus tard, Marc Weitzmann enfonce le clou chez Taddéï : « C’est un hasard bénéfique, la mort de Ben Laden et les révolutions arabes » lâche-t-il tranquillement ! Ses acolytes Jean-Pierre Filiu et Bassma Kodmani opinent du chef. Face à eux, il y avait Marc-Edouard Nabe qui semblait être d’un avis radicalement différent. Ah oui mais j’oubliais, cet homme est un collabo sioniste (puisqu’il considérait Ben Laden comme autre chose qu’un collabo sioniste), et c’est le pire des alliés du système, n’est-ce pas, amis internautes ? En plus, il approuve le choc des civilisations, puisqu’il était d’accord avec Norman Spinrad qui affirmait que « le conflit des civilisations dure depuis mille ans » (il a lu Guénon, ma parole !), après avoir osé clamer que les peuples de Tunisie et d’Egypte avaient démis leurs dictateurs qui n’étaient que des « marionnettes de l’Occident » ! Vraiment, quel infect collabo sioniste, ce Nabe !

La véritable propagande du système, elle est là : « en virant Moubarak et Ben Ali, les peuples arabes prouvent au monde entier qu’ils veulent s’ouvrir à la franc-maçonnerie et au Crédit Lyonnais ». Les drapeaux royalistes dans les manifestations libyennes, les chiites révolutionnaires du Bahreïn, les manifs égyptiennes anti-sionistes, les Frères Musulmans en Egypte ? Non non, ce n’est rien du tout, ça va passer… En plus, il existe déjà des théories « complotistes » qui nous expliquent que les Frères Musulmans sont manipulés par la CIA… Alors, il vaut mieux parler des truquages Photoshop, c’est plus simple…

Aucun lecteur de Parousia ne sera étonné d’apprendre que l’homme public qui a eu la meilleure réaction à la mort de Ben Laden, c’est Yahia Gouasmi, le plus grand guerrier politico-révolutionnaire de notre temps. Avant d’ouvrir sa gueule et de débiner des saloperies sur Ben Laden, chaque internaute ferait bien de méditer l’interview du Président du Parti Antisioniste datée du 6 mai 2011.

« D’abord, en tant que musulman, je présente mes condoléances à sa famille, à ses amis, à ceux qui l’ont soutenu, à ceux qui croient qu’il faut libérer les terres des pays arabes et des pays musulmans du joug de l’US-Israël ».

Avant d’ajouter quelques secondes plus tard :

« Avec Ben Laden, une étoile s’est éteinte, heureusement il en reste encore beaucoup d’autres ».



Venez, saints de Dieu, Accourez, anges du Seigneur,

Prenez son âme et présentez-la devant la face du très-haut.

Que le Christ qui t'a appelé te reçoive, et que les Anges te conduisent dans le sein d’Abraham.

Donne-lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière perpétuelle l'illumine.